De l'intelligence artificielle

en cours, version de travail

Tout le monde a parlé d'intelligence artificielle et certains en parlent encore. J'aimerais parler ici de la conception trés française de cette idée.

Paradigme du faux ami

Un faux ami est une expression ou un terme étranger dont la traduction trop rapide conduit à un contre-sens. Un seul exemple ici pour faire court: une Library, que je mets en italique, n'est par une librairie mais une bibliothèque. A vrai dire, à titre personnel, j'admire beaucoup Relief.

L'anglais est généalogiquement issu du français, de l'allemand et d'autres éléments. Ce lien fait que les faux amis anglais-français sont nombreux. Ainsi on trouve de nombreux mots qui sont des amis vicieux ou de faux amis partiels comme control ou comfortable.

Nous avons décrit ce qu'est un faux ami, passons au paradigme. Si l'on parle d'ami c'est que c'est un terme familier. S'il y a tromperie, totale ou partielle, c'est que l'histoire des langues est complexe et qu'elle a des accidents. Les faux amis partiels sont les plus intéressants. C'est un peu comme une auberge espagnole, on y trouve ce qu'on y ammène. On entends ce que l'on est prêt à comprendre. Il y a une part de fantasmatisme.

Le mal entendu de l'intelligence artificielle

Parlons maintenant de l'intelligence artificielle. Démontrer que c'est un faux ami est assez simple quand on regarde un dictionnaire. Le premier sens est certes intelligence comprise comme faculté de l'entendement, mais le second sens est le renseignement.

Michel Bibent m'a fait un jour une remarque à propos de la CIA, Central Intelligence Agency. Si on parlait effectivement de l'agence centrale de l'intelligence, alors je ne crois qu'on y trouverai des para-militaires ou que cet organe du pouvoir américain aurait la réputation qu'il a. On parle bien évidement de l'agence centrale du renseignement, de l'information militaire.

Pour en revenir à l'intelligence artificielle, je plaide pour l'idée que c'est donc un faux ami même si je m'accorde à admettre que c'est une vue doctrinale de ma part. Disons que les deux acceptions sont admissibles du point de vue théorique. Il y a une vue pragmatique et comtemporaine qui croît à mon hypothèse et une vue théorique et ambitieuse qui croit à la littéralité de la traduction.

Si l'on développe l'idée que c'est un faux ami, alors nous sommes entrés dans l'ère de l'intelligence artificielle depuis quelques temps. Pour ne prendre qu'un exemple, les transformations XML sont une bonne illustration du propos. Traitement de l'information par des machines, traitement que l'on peut même qualifier d'intelligent. Je fais faire par ma machine de l'extraction, du traitement, de l'aggrégation et de la publication de données : je pratique l'intelligence artificielle au même titre que vous.

Sans issue

L'anglais a beaucoup de défaut et est finalement assez peu productif de néologisme, mis à part dans les domaines scientifiques qui sont fertiles par nature, mais a un certain pragmatisme. Si intelligence artificielle est effectivement un faux ami c'est qu'il y a une vraie traduction concordante. Je n'ai rien trouvé de mieux que Knowledge Processing.

De l'intelligence

Au point où on en est, on peut porter la réflexion sur le concept d'intelligence. Avoir un espace cognitif défini, intelligence, est un élément fondamental de l'intelligence mais ce n'est pas tout. Il y a autre chose que le traitement des connaissance, Knowledge management. On parlait de faculté de l'entendement mais c'est encore vague. Raisonner, comprendre, s'adapter.

Je prends l'exemple de l'anti-spam que j'utilise, SpamStamp par Jan-Jaap van der Geer. C'est une application brute qui pèse moins de 100Ko donc un pur logiciel. A la base il ne sait rien. Par la suite il collecte les informations que je lui donne à propos des emails que je reçois en lui disant, si selon moi, ils relèvent du spam ou du ham. Trés rapidement, il acquiert une faculté de jugement sur la nature des messages qu'il observe. Qu'il ait recours à des filtres bayésiens ou à autre chose n'est pas mon problème. Le fait est qu'il avait une faculté de raisoner et que je lui ai appris un raisonnement qu'il est maintenant cappable de reproduire de manière autonome avec une fiabilité de plus de 98% et justesse qui m'impressione. Parfois je m'étonne de son jugement et il me faut plusieurs secondes pour comprendre qu'il a raison. Il est cappable de reproduire une faculté que j'ai aussi mais il le fait mieux car il a une approche systémique. Il s'est par ailleurs adapté car comme chacun sait, le spam n'a pas de définition au delà de l'UCE (Unsollicited Commercial Email) et cette appréciation personnelle varie d'un individu à l'autre. Il part certes de l'information mais fait preuve d'entendement.

Du caractère artificiel

Artificiel s'entend comme le fait que l'ordinateur est un automate. Je trouve le terme artificiel mal choisi et péjoratif. On aurait pu dire intelligence systématisée mais on n'aurait pas deviné que l'on parle de machines, intelligence automatique mais ce serait trop réducteur, bref, on ne sait pas trop. Intelligence informatisée est plus correct de mon point de vue mais il est avant tout descriptif.

Artificiel renvoie à artifice, moyen trompeur et habile selon un dictionnaire. Je reconnais l'habileté mais je n'identifie pas le caractère trompeur. J'ai une relation intime avec les ordinateurs, je leur donne des prénoms que j'avais imaginé donner à mes enfants, je les apprécie pour leur caractère, je les accepte avec leurs qualités et leurs défauts. J'introduis une chaleur là ou certains voient un outil froid, un automate dictatorial et manichéen. Si l'on dénonce une tromperie, cela renvoie selon moi à une certaine peur des ordinateurs et plus globallement des machines. Peur d'être remplacé dans son travail, peur de perdre le contrôle d'un système, peurs légitimes ou fantasmes.

Conséquences françaises

Aspect fantasmatique

Retro-futurisme